À quel âge consulter un orthodontiste pour son enfant ?

Illustration d'un orthodontiste qui examine les dents d'un enfant assis au fauteuil, un parent à ses côtés

Une première consultation chez l’orthodontiste est recommandée vers 6 à 7 ans, au moment où apparaissent les premières dents définitives. À cet âge, l’orthodontiste peut repérer un trouble de la croissance des mâchoires pendant qu’il est encore temps de l’accompagner. Consulter tôt ne veut pas dire poser un appareil dentaire tôt, et ce premier bilan conclut souvent à une simple surveillance.

Le premier rendez-vous chez l’orthodontiste est une étape que beaucoup de parents ont du mal à situer. Vous vous demandez sans doute à partir de quel âge le prévoir, surtout si votre enfant perd ses premières dents de lait ou si le dentiste a évoqué un décalage à surveiller. L’âge reste un repère, mais certains signes que vous pouvez remarquer chez votre enfant, comme une respiration habituelle par la bouche, justifient de consulter plus tôt. Cet article présente ce que recommandent les autorités de santé, ces signes à surveiller, le déroulé du premier bilan et les raisons de ne pas attendre l’adolescence.

Les points clés de l’article

  • Un premier bilan orthodontique est conseillé vers 6 à 7 ans, et plus tôt si un signe inhabituel apparaît.
  • La Haute Autorité de santé recommande un examen de dépistage avant 6 ans, et l’Assurance Maladie offre un rendez-vous de prévention chez le chirurgien-dentiste chaque année, de 3 à 24 ans.
  • Une succion prolongée du pouce, une respiration par la bouche ou un décalage entre les mâchoires justifient un avis sans attendre.
  • Le premier bilan ne comporte aucun soin. Il débouche sur une surveillance, ou sur un projet de traitement détaillé accompagné d’un devis.
  • Pour être pris en charge par l’Assurance Maladie, un traitement doit commencer avant le 16e anniversaire de l’enfant, après accord préalable.

Pourquoi un premier bilan vers 6 à 7 ans ?

Vers 6 à 7 ans, les premières dents définitives font leur apparition aux côtés des dents de lait. Les mâchoires sont alors en pleine croissance. L’orthodontiste peut observer la façon dont les dents s’installent, la position des deux mâchoires l’une par rapport à l’autre, et la place disponible pour les dents qui vont arriver.

Cet âge repère rejoint les recommandations françaises. La Société française d’orthopédie dento-faciale, qui regroupe des orthodontistes, situe le meilleur moment, pour la plupart des enfants, à la période où les incisives de lait commencent à tomber, vers 6 ou 7 ans. Les recommandations de bonne pratique publiées en 2002 par l’Anaes et diffusées par la Haute Autorité de santé préconisent de leur côté un examen de dépistage avant l’âge de 6 ans. Au cabinet du Dr Marin, à Rennes, les enfants sont accueillis dès 6 ans pour ce premier bilan.

L’intérêt de ce calendrier tient à la croissance. Chez l’enfant, l’orthodontie ne sert pas seulement à aligner les dents. Elle peut accompagner le développement des mâchoires tant qu’il est en cours, ce qui permet des corrections plus simples à obtenir qu’une fois la croissance terminée.

Un appareil dentaire à l’école primaire n’a d’ailleurs rien d’exceptionnel. Selon l’enquête nationale de santé de la DREES, près de 12 % des élèves de CM2 portaient un appareil dentaire en 2015, contre 11 % en 2008. Les filles étaient un peu plus souvent équipées que les garçons, 13 % contre 10 %.

Frise des âges du suivi orthodontique de l'enfant, du rendez-vous M'T dents à 3 ans jusqu'au début du traitement avant 16 ans, avec la première consultation chez l'orthodontiste vers 6 à 7 ans
Frise des âges du suivi orthodontique de l'enfant, du rendez-vous M'T dents à 3 ans jusqu'au début du traitement avant 16 ans, avec la première consultation chez l'orthodontiste vers 6 à 7 ans

Quand consulter un orthodontiste plus tôt ? Les signes à surveiller

Certains signes justifient un bilan sans attendre 6 ou 7 ans. La Haute Autorité de santé considère tout trouble du fonctionnement de la bouche et du visage comme un signe d’alerte, qu’il s’agisse de la respiration, de la déglutition, de la parole, de la mastication, des habitudes de succion ou des mouvements de la mâchoire.

Dans la vie de tous les jours, voici les signes qui doivent vous alerter :

  • une succion du pouce qui se prolonge au-delà de l’arrivée des premières dents définitives ;
  • une respiration habituelle par la bouche ;
  • des dents qui se chevauchent, ou au contraire très espacées ;
  • un décalage visible entre la mâchoire du haut et celle du bas ;
  • la perte très précoce, ou très tardive, des dents de lait ;
  • des difficultés à mâcher.

Aucun de ces signes ne veut dire, à lui seul, qu’un traitement sera nécessaire. Ils signalent qu’un bilan est utile. Et même si tout semble normal, un premier contrôle vers 6 à 7 ans garde son intérêt.  S’il n’y a rien à faire, l’orthodontiste vous le dira.

Faut-il passer par le dentiste avant l’orthodontiste ?

Le chirurgien-dentiste reste le premier interlocuteur pour la santé des dents de votre enfant. 

Avec le dispositif « M’T dents tous les ans ! » de l’Assurance Maladie, un rendez-vous de prévention est offert chaque année, dès 3 ans et jusqu’à 24 ans, sur présentation de la carte Vitale et de la complémentaire santé. Le dentiste y vérifie la santé des dents et des gencives, donne des conseils et propose des soins si nécessaire.

Ce suivi chez le dentiste a nettement progressé chez les plus jeunes. D’après les données de l’Assurance Maladie reprises par la DREES, 46 % des enfants de 6 ans avaient consulté un chirurgien-dentiste dans l’année suivant leur sixième anniversaire en 2014, contre 15 % en 2007.

Les traitements d’orthodontie ne font pas partie de ces rendez-vous offerts. Pour un bilan orthodontique, il est préférable d’avoir une lettre d’adressage de votre dentiste, mais vous pouvez aussi consulter directement un orthodontiste. Le secrétariat du cabinet vous oriente lors de la prise de rendez-vous.

Que se passe-t-il lors de ce premier bilan ?

La première visite chez l’orthodontiste ne comporte aucun soin. C’est un temps d’observation et d’échange. Au cabinet du Dr Marin, le praticien examine la dentition et la croissance des mâchoires, explique ce qu’il observe, et répond aux questions de l’enfant comme à celles des parents.

Ce que l’orthodontiste observe

L’examen ne se limite pas aux dents. Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé, il porte aussi sur le visage, avec la recherche d’une asymétrie, d’un profil inhabituel, de lèvres qui restent entrouvertes au repos ou d’un sourire déséquilibré. 

À l’intérieur de la bouche, l’orthodontiste regarde comment les deux arcades dentaires se correspondent, comment les incisives se rencontrent, et comment les dents sont alignées.

Et ensuite ?

Si un traitement est envisagé, des examens complémentaires permettent d’établir le diagnostic. Les recommandations citent notamment une radiographie panoramique des dents et des moulages des arcades dentaires parmi les documents nécessaires. Un projet de traitement détaillé, accompagné d’un devis écrit, vous est ensuite remis avant tout démarrage. 

S’il n’y a rien à faire, une simple surveillance est proposée, et aucun traitement n’est engagé sans raison ni sans votre accord.

Consulter tôt, est-ce forcément traiter tôt ?

Non, et c’est souvent une surprise pour les parents. Dans bien des cas, le premier bilan conclut qu’aucune intervention n’est nécessaire pour le moment. L’orthodontiste propose alors une surveillance régulière, jusqu’au moment où il serait utile d’agir, si ce moment arrive.

La Haute Autorité de santé va dans ce sens. Elle recommande de ne pas traiter une anomalie pour elle-même, quand elle n’est qu’un écart par rapport à la moyenne, mais de traiter celles qui entraînent un handicap, c’est-à-dire qui risquent de perturber la croissance du visage ou des arcades dentaires ou d’en altérer l’aspect, de nuire aux fonctions de la bouche et du nez, ou d’exposer les dents aux chocs. Les risques de caries, d’atteinte des gencives ou de troubles de l’articulation de la mâchoire entrent aussi en ligne de compte. 

La Société française d’orthopédie dento-faciale rappelle de son côté qu’une grande partie des traitements orthodontiques commence à partir de 11 ans.

Le bon moment dépend donc de chaque enfant. La Haute Autorité de santé rappelle que l’âge du traitement ne se fixe pas seulement en fonction du trouble observé, mais aussi de l’âge des dents, du stade de croissance, de l’état de santé général de l’enfant, de sa situation psychologique et sociale, et des éventuels autres troubles associés.

À quel âge commencer un traitement d’orthodontie ?

Quand un traitement est utile, sa forme suit la croissance de l’enfant. Le tableau ci-dessous résume les grandes étapes, telles qu’elles sont pratiquées au cabinet du Dr Marin. 

Les durées sont des moyennes, la durée exacte est toujours précisée lors du bilan.

ÉtapeÀ quel momentObjectifDurée indicative
Dépistage et surveillanceDès 6 à 7 ansVérifier la mise en place des dents et la croissance des mâchoiresSuivi régulier, sans appareil
Traitement d’interceptionPendant la croissance, lorsqu’un trouble est détectéGuider la croissance des mâchoires et créer la place nécessaire aux dents définitives6 à 12 mois en moyenne
Traitement de l’adolescentUne fois la plupart des dents définitives en placeAligner précisément les dents et ajuster la façon dont elles s’emboîtent12 à 24 mois en général
ContentionÀ la fin du traitementStabiliser le résultat le temps que l’os et les dents se consolidentSuivie pendant plusieurs années


La Haute Autorité de santé donne des repères comparables. À titre indicatif, elle estime que certains troubles se traitent dès les dents de lait, notamment les troubles fonctionnels et certains décalages des mâchoires. D’autres relèvent de la période où dents de lait et dents définitives coexistent, et les défauts de position des dents se traitent plutôt une fois les dents définitives en place.

Le traitement d’interception, pendant l’enfance

Pendant la phase d’interception, dite orthopédique, l’objectif n’est pas d’aligner parfaitement les dents mais de guider la croissance. 

Il peut s’agir d’élargir une arcade trop étroite, de corriger un décalage entre les mâchoires ou de créer la place nécessaire aux dents définitives. 

Selon la situation, différents appareils sont utilisés, comme un disjoncteur ou un activateur de croissance. 

La réussite de cette phase repose en partie sur la coopération de l’enfant, qu’il s’agisse du port de l’appareil, de l’hygiène ou de la régularité des rendez-vous.

Le traitement de l’adolescent, avec les dents définitives

Une fois la plupart des dents définitives en place, un traitement par bagues multi-attaches permet d’aligner précisément les dents et d’ajuster leur emboîtement. 

Deux options existent selon les besoins et le mode de vie de chaque adolescent :

  • les bagues métalliques, robustes et éprouvées ; 
  • les bagues en céramique translucide, plus discrètes. 

Une hygiène rigoureuse est indispensable pendant toute la durée du traitement.

Gros plan sur des bagues orthodontiques en céramique translucide posées sur les incisives supérieures
Bagues en céramique translucide : la teinte se rapproche de la couleur naturelle des dents.

Pourquoi ne pas attendre l’adolescence ?

Attendre que toutes les dents définitives soient en place peut priver l’enfant de la période où la croissance se laisse encore guider. Détecter un trouble pendant cette période permet souvent un traitement plus court et mieux ciblé, et peut simplifier la suite du traitement à l’adolescence.

Le calendrier compte aussi pour la prise en charge. L’Assurance Maladie rembourse les traitements d’orthodontie à condition qu’ils commencent avant le 16e anniversaire de l’enfant, dans les 6 mois qui suivent l’accord préalable de la caisse. Le remboursement se fait sur la base de 193,50 € par semestre de traitement, dans la limite de 6 semestres. Le complément éventuel peut être pris en charge par votre complémentaire santé, selon votre contrat.

Au-delà de 16 ans, la prise en charge n’est possible qu’à titre exceptionnel, pour un semestre de traitement préalable à une intervention chirurgicale sur les mâchoires. Un bilan fait tôt laisse le temps de décider avant les 16 ans de l’enfant.

Et si votre enfant a déjà dépassé cet âge ?

Il n’est jamais trop tard pour un premier bilan. Un enfant de 10 ou 12 ans qui n’a jamais vu d’orthodontiste peut consulter à tout moment, et un adolescent aussi. 

Chez l’adolescent, une fois la plupart des dents définitives en place, le traitement multi-attaches reste le traitement de référence.

L’orthodontie ne s’arrête pas non plus à l’adolescence. Des traitements adaptés existent pour les adultes, avec des techniques discrètes comme l’orthodontie linguale ou les bagues en céramique. 

Le cabinet présente ces options sur sa page dédiée à l’orthodontie de l’adulte à Rennes.

Un premier bilan au cabinet du Dr Marin, à Rennes

Au cabinet de la Tour Alma, installé à Rennes depuis 1997, le suivi de l’enfant repose sur trois principes, un bilan complet avant tout traitement, un devis détaillé remis avant le démarrage, et un accompagnement personnalisé sur toute la durée du suivi. Les étapes, les appareils et la prise en charge sont détaillés sur la page consacrée à l’orthodontie de l’enfant et de l’adolescent.

Un premier bilan vers 6 à 7 ans permet de savoir s’il faut agir ou simplement surveiller. Il peut avoir lieu plus tôt si un signe vous interpelle, et à tout âge si ce repère est dépassé. 

Le secrétariat est joignable du lundi au vendredi au 02 23 36 01 15 pour fixer un premier rendez-vous.

Les questions fréquentes

  • À quel âge voir un orthodontiste pour la première fois ?

    Une première consultation chez l’orthodontiste est recommandée vers 6 à 7 ans, à l’arrivée des premières dents définitives. Elle peut avoir lieu plus tôt si un signe vous interpelle, comme une succion du pouce qui se prolonge ou une respiration habituelle par la bouche.

  • Faut-il consulter si l'enfant ne se plaint de rien ?

    Oui. Même quand tout semble normal, un premier contrôle vers 6 à 7 ans reste utile, car seul l'examen permet de vérifier la croissance des mâchoires et la place disponible pour les dents définitives. S'il n'y a rien à faire, l'orthodontiste vous le dit et propose au besoin une simple surveillance.

  • Le rendez-vous M'T dents couvre-t-il l'orthodontie ?

    Non. Le rendez-vous « M'T dents tous les ans ! » et les soins réalisés dans les 6 mois qui suivent sont offerts, mais les traitements d'orthodontie n'en font pas partie. Le dentiste peut en revanche vous adresser à un orthodontiste s'il le juge utile.

  • Jusqu'à quel âge l'orthodontie est-elle remboursée ?

    Pour être pris en charge par l'Assurance Maladie, le traitement doit commencer avant le 16e anniversaire de l'enfant, après accord préalable de la caisse. Le remboursement porte sur 6 semestres de traitement au maximum. Au-delà de 16 ans, seul un semestre de traitement préalable à une chirurgie des mâchoires peut être pris en charge.

  • Un enfant peut-il avoir besoin de deux traitements successifs ?

    Oui, c'est possible. Un traitement d'interception pendant l'enfance peut être suivi d'un traitement par bagues à l'adolescence, une fois les dents définitives en place. Le traitement précoce peut alors en simplifier la suite.